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SUITE des ECRITURES 

 

       Chaque vendredi j’allais chez Gérard, c’était devenu un rituel. Il était le seul ami que j’avais gardé au moment de mon divorce avec Josiane. Il y avait Jean pierre aussi, que j’avais gardé précieusement comme ami. L’avantage avec Gérard c’est qu’il avait travaillé pendant 25 ans dans un service hospitalier en psychiatrie. On parlait de tout et surtout de ces écritures. Gérard insistait pour que je mette une barrière entre mon subconscient et mon conscient. Je devais faire attention de ne pas mélanger ces écritures avec ma vie privée. Ma vie était toujours aussi tourmentée. Dans ma vie rien ne s’arrangeait bien au contraire. Au début, après le clash j’ai eu l’impression que j’avais un moment de répit. Au fil du temps tout se dégradait de plus en plus. Le seul refuge que j’avais trouvé c’était de dialoguer avec cet ange nommé David.

 

       Un jour il me dira : je ne m’appelle pas David. Je suis  ton ange gardien mais je m’appelle BLAISE. Fais simple et jamais compliqué ! Pour cela il me fait remarquer que « certifié » devrait s’écrire avec un « s » et sûrement pas avec un « c ». Pour conclure il me dira : soit « sertifié » que je m’appelle Blaise ! Il avait senti que l’histoire de cet enfant était close pour moi ! Qu’est ce que je pouvais espérer d’un enfant ! Rien ! Par contre je peux dire que si cet enfant était un bluff l’histoire restera très importante dans le sens ou seul un enfant pouvait déclencher ce qui va suivre !

 

       J’avais appris à écrire en écriture bâton ! Très difficile et très long ! Le but est de déterminer un protocole. Pour cela il faut définir le sens des débuts des lettres et définir s’il s’agit d’un « I » ou d’un « E ». A chaque bâton il faut attendre et chercher s’il ne s’agit pas d’une autre lettre. Le « F » peut être un « E » ou un « P » mais aussi un « R ». Je crois que cette expérience était nécessaire car elle affûte et affine le lien. On peut comparer cela à un apprentissage. L’avantage c’est qu’on peut moins tricher. Un mot est constitué d’une multitude de lettres et chaque lettre y a sa place.

 

       Par la suite j’ai eu la surprise d’écrire avec des sigles très particuliers. Une sorte d’écriture personnelle ou seuls Blaise et moi pouvions comprendre ce qui était écrit. Je pense et j’en suis certain qu’il s’agissait d’une mise en confiance entre lui et moi, mais surtout pour me prouver que nous étions des amis avec des secrets intimes. Ce type d’écriture se mélangeait avec une écriture normale que tout le monde utilise ! Le problème c’est que tout devenait compliqué. Tout s’embrouillait à tel point que je me demandais si Blaise était un ange gardien ou un ange démon pervers et perfide. Je précise que ma vie devenait invivable et tout devenait explosif.

 

       C’est à ce moment qu’un jour Blaise m’a demandé si je le voyais et ensuite si je l’entendais derrière moi. Quand j’écrivais j’étais dans la cuisine du studio, où j’habitais chez mon frère. Comme je suis un gros fumeur j’ouvrais la fenêtre afin de ne pas gêner mon frère qui ne fume pas. A cette époque nous étions déjà en décembre et il faisait très froid. Devant moi il y avait ce candélabre qui éclairait la rue. Blaise me dit : tu vois ma lumière ? Je lui réponds : la seule lumière que je vois c’est celle qui éclaire la rue. Ensuite il me demande tu entends ma voix derrière toi. Je lui réponds : c’est le bruit du moteur du réfrigérateur ? Par la suite je comprendrais ces questions. Le but était de savoir les dons qui m’étaient autorisés. On dit que le don des écritures est un don Divin et que c’est le don ultime qui autorise d’autres dons en simultané. Je n’avais que le don des écritures ! Mais en plus j’avais aussi le don réel de l’intuition que j’avais toujours eu !

 

       Tout devenait comme un combat entre lui et moi. Bien sur je refusais de perdre mon âme dans ce combat. Toute ma vie j’ai été un homme indestructible et ce n’était pas une entité qui allait me faire fléchir. J’avais des problèmes avec mon cœur. Normal je dormais très peu. En plus je mangeais quand je pouvais manger. Un soir pour me montrer la force qu’il peut y avoir dans ce genre de contact il me dit : tu sens le froid qui entre en toi ? C’est le froid de la mort. Ton cœur va exploser. Je jure que c’est vrai ! J’ai senti ce froid que j’avais connu en prison qui vous glace jusqu’aux os. Mon cœur s’est mis à battre comme un fou dans ma poitrine. J’avais l’impression qu’il allait exploser. J’écrivais en même temps et petit à petit j’ai eu l’impression de partir. Ma vue baissait. Je continuais d’écrire car je voulais qu’on sache comment j’étais mort. La mort ne me faisait pas peur. Je voulais qu’on sache. Puis Blaise m’a dit : tu vas vivre ! J’ai senti une chaleur intense m’envahir. Je me suis mis à respirer comme un fou. Je cherchais l’oxygène. Blaise m’a dit c’est ça la naissance ! Tu viens de renaître. Aujourd’hui je dirais : c’était comme un coup de pied au cul pour me ramener à la vie. On ne peut pas dire que je me laissais mourir mais c’était tout comme. L’isolement volontaire et la solitude je m’y habituais. Blaise me disait  il faut vivre et ne pas exister.

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