A l’école j’étais le premier de la classe et pourtant je passais mon temps à faire l’école buissonnière. Pas facile de se cacher quand on habite en face de l’école. Mon instituteur le savait pourtant. Entre nous, merci pour tout Monsieur PATEAU ! Vous avez été un prof formidable pour nous tous. Un prof comme on n’en fait plus. Grâce à vous, beaucoup de mes copains ont eu leur certificat d’études alors que ce n’était pas gagné d’avance.

             Je suis sorti de cette école avec le prix d’honneur et je suis rentré en 4ème d’électromécanique dans le but de pousser le plus loin possible. On voulait faire de moi un comptable car j’étais imbattable pour les mathématiques. Mais ce n’était pas mon destin !

            Le père Martin devenait méchant car il avait dû changer de métier à cause de ses poumons. Il était devenu marchand de bois. Il s’enfermait la plupart du temps dans la salle à manger et son passe temps était de peindre des petits soldats ou alors de construire des meubles avec des chutes de bois. Un artiste dans son genre.

        Avant il gagnait bien sa vie et même suffisamment pour faire vivre sa famille. Quand il a dû se reconvertir, ma mère a été obligée de travailler elle aussi. Le problème c’est que la petite paysanne a commencé de voir la vie autrement. Cela ne plaisait pas à mon père. Il devenait de plus en plus méchant. Je suis vite devenu le protecteur de ma mère et de mes frères et sœur, et cela bien malgré moi. Mais cela n’empêche pas que le père Martin m’aimait bien. On se respectait lui et moi, et je n’étais pas un souci pour lui. J’avais ma vie à moi.

            Un jour nous avons repris un autre chien. A ce sujet je peux dire que j’ai largement participé à faire disparaître cette interdiction concernant les chiens dans les cités. C’était un drôle de chien. Le soir je le sortais et nous partions chacun de notre côté. Il savait toujours où me retrouver : chez mes copains. Ensuite on rentrait tous les deux ou bien il rentrait tout seul si je partais ailleurs. C’était mon alibi pour sortir.

            Quelques temps plus tard, ma mère a décidé de quitter le père Martin… et ce fût le Clash ! Cette décision a  bouleversé ma vie et tout ce que j’avais construit. Tout s’est fait en un éclair. Mon frère Jean Paul et ma sœur Michèle sont partis chez ma tante Mathilde dans les Vosges. Mon frère Gérard est resté seul et j’avais pitié pour lui. Son rôle était d’attendre son père, donc le père Martin, et de lui annoncer la nouvelle. Quelle horreur ! Moi j’ai refusé d’aller avec ma mère. J’ai récupéré ma mobylette ainsi que quelques affaires personnelles et je suis allé me réfugier chez mes meilleurs amis : trois frères. Je préférais être seul que de prendre parti pour l’un ou pour l’autre. Par la suite, à cause de cette décision, je suis devenu le trait d’union et le seul moyen de contact entre le père et ma mère.

            Ensuite  ma mère m’a trouvé une chambre d’hôtel en face du café où elle était serveuse. J’avais à peine 16 ans et mon frère Jean Paul est venu me rejoindre. Ma sœur est retournée chez son père car ils avaient décidé que c’était moins traumatisant pour elle. Drôle de départ dans la vie !

            J’ai quitté l’école d’électromécanique, la raison principale étant le manque de moyens financiers. J’ai commencé  travailler à droite ou à gauche car rien ne me plaisait. A cette époque j’ai fait 36 métiers.

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